
Comment fonctionne le produit Chicago Performance ?
Chicago Performance est un produit structuré lancé par Société Générale, adossé à un indice boursier composé de 2 000 petites et moyennes entreprises américaines. L’objectif est de capter une partie de la performance de cet indice, tout en offrant une protection du capital si la baisse reste modérée.
Le placement peut durer jusqu’à 6 ans, mais il peut aussi s’arrêter plus tôt. Chaque année, on observe la performance de l’indice.
Pour chaque produit structuré, il y a une date appelée date de strike, qui correspond au début du produit. À ce moment-là, on regarde la valeur du sous-jacent,ça peut être une action, un panier d’actions, un taux, ici c’est un indice. Un an plus tard, on vérifie à nouveau cette valeur. Si nous constatons que le niveau de l’indice est stable ou en hausse par rapport au départ du produit, vous récupérez votre capital avec un gain de 7 % par année passée.
Par exemple, si cela arrive dès la première année, vous obtenez un rendement de 7 %. Si l’indice est en baisse, le produit continue et on refait ce test l’année suivante.
Cela peut durer jusqu’à six ans.
Si, au bout de six ans, le produit n’est jamais revenu à son niveau initial, deux cas se présentent :
- La baisse de l’indice est inférieure ou égale à 40 %, vous récupérez la totalité de votre capital car ce produit possède une barrière de protection qui indique que votre capital n’est pas impacté si le sous-jacent réalise une baisse de moins de 40%.
- En revanche, si la baisse dépasse 40 %, vous subissez la même perte que l’indice, donc votre capital baisse au même niveau que la chute du sous-jacent.
Le sous-jacent analysé
Le sous-jacent est une donnée essentielle car c’est son évolution qui détermine le fonctionnement du produit structuré. Quand vous investissez dans un produit structuré, il est donc crucial de bien comprendre le sous-jacent, car la performance et le risque du produit en dépendent directement.
Sous-jacent du produit : Solactive United States 2000 EUR Decrement 50
L’indice Solactive United States 2000 EUR Decrement 50 regroupe des petites et moyennes capitalisations américaines, soit les entreprises classées entre la 1001ᵉ et la 3000ᵉ position en termes de capitalisation boursière américaine. On y trouve par exemple des sociétés comme Garmin Ltd (électronique grand public), Dropbox Inc (services cloud) ou encore Zynga Inc (jeux vidéo), qui sont des acteurs importants mais de taille modérée comparée aux géants du S&P 500.
Cet indice est dit « à décrément 50 » car chaque année, 50 points sont retranchés de sa valeur pour compenser l’absence de versement des dividendes, ce qui impacte mécaniquement sa performance.
Sa volatilité est élevée, aux alentours de 26 % par an, ce qui signifie que son niveau peut fluctuer fortement sur des périodes courtes. Par exemple, une variation de plus de 20 % en quelques mois n’est pas rare. Cette forte volatilité reflète le fait que les petites et moyennes capitalisations sont souvent plus sensibles aux évolutions économiques, aux changements sectoriels, et aux fluctuations de marché que les grandes valeurs plus stables.
Depuis son lancement en juillet 2023, l’indice a évolué autour de 1 000 points, avec des variations proches de sa valeur initiale.
En résumé, cet indice offre une exposition à un univers d’entreprises diversifiées mais moyennes en taille, avec un profil de risque plus élevé lié à sa forte volatilité et à son mécanisme de décrément qui pèse sur le rendement final, surtout dans un contexte de marchés incertains.

Pourquoi regarde-t-on le niveau du sous-jacent qu’une fois par an ?
On regarde le sous-jacent une fois par an parce que la période de constatation de ce produit est annuelle. Sur le marché, il existe aussi des produits avec des constatations plus fréquentes (semestrielles, trimestrielles, mensuelles, quotidiennes). Plus la fréquence est élevée, plus il y a de chances que le sous-jacent soit revenu à son niveau initial à une de ces dates, ce qui permet au produit de se terminer plus tôt avec un gain.
Prenons quelques exemples :
- Si vous investissez 10 000 euros et que l’indice reste stable à la fin de la première année, vous récupérez 10 700 euros.
- Si l’indice est en forte hausse pendant l’année, mais qu’il retombe juste en dessous de son niveau initial au jour de la constatation, le mécanisme de remboursement anticipé ne s’enclenche pas. Par exemple, si l’indice gagne 10 % pendant l’année, puis redescend à -1 % au moment de la date de constatation, vous ne touchez aucun gain cette année-là, même si l’année semble globalement positive.
- Si au bout de 6 ans, l’indice a baissé de 30 %, vous récupérez 10 000 euros.
- Si l’indice a perdu 50 %, vous ne récupérez que 5 000 euros.
Les avantages du produit
Chicago Performance offre un rendement intéressant, jusqu’à 7 % par an. Il permet de limiter le risque car il faut que l’indice baisse de plus de 40% pour subir une perte. Toutefois, cet avantage est à nuancer. En effet, sur le marché, on trouve des produits structurés avec des barrières de protection plus élevées, pouvant aller jusqu’à couvrir des baisses de 50 %, 60 %,ou 70 % du sous-jacent.
Certains produits vont même plus loin en garantissant totalement le capital, quelle que soit l’évolution du sous-jacent. Dans ce cas, on parle non pas de produits à capital protégé, mais de produits à capital garanti.
Pour les produits structurés, on dit souvent que votre capital est protégé, comme ici où il n’y a pas de perte tant que l’indice ne baisse pas de plus de 40 %. Cette protection est en fait une garantie donnée par l’émetteur du produit, ici la Société Générale. Autrement dit, votre capital est protégé sauf si la Société Générale fait défaut (en cas de faillite).
D’autres produits ont des émetteurs moins solides. Même si le capital est théoriquement protégé, le risque de défaut de l’émetteur est plus élevé, ce qui peut mettre votre investissement en danger.
Les inconvénients à comprendre
Ce produit ne protège pas le capital. En cas de chute sévère des marchés, vous pouvez subir une perte importante, voire totale. Autre point à noter : même si l’indice s’envole de 30 % en un an, vous ne toucherez que 7 % si le produit est remboursé dès la première année. Le gain est donc plafonné.
La période de constatation : comme évoqué précédemment, ce produit a une fréquence de constatation annuelle, ce qui signifie que le niveau de l’indice est observé une seule fois par an. Cela implique que l’occasion de récupérer votre capital avec le gain prévu ne se présente qu’une fois par an.
Sur le marché, il peut être intéressant de privilégier des produits avec des constatations plus fréquentes (mensuelles, trimestrielles, voire quotidiennes). En effet, plus il y a de dates d’observation, plus il y a de chances que le sous-jacent soit, à l’une de ces dates, au moins stable ou en hausse, ce qui permet un remboursement anticipé avec gain.
Autre inconvénient : le décrément
Ce produit est ce qu’on appelle un produit à décrément, ce qui est souvent perçu comme un inconvénient.
Le décrément est un mécanisme utilisé dans certains produits structurés pour tenir compte du fait que les dividendes versés par les actions de l’indice ne sont pas perçus par l’investisseur. Pour compenser cela, on retire chaque année un certain nombre de points à l’indice, comme si on enlevait la valeur des dividendes.
Par exemple, si le décrément est de 50 points et que l’indice est à 1 000 points au départ, alors même si l’indice reste à 1 000 points un an plus tard, on considérera qu’il est à 950 points dans le calcul du produit. Autrement dit, l’indice est considéré comme ayant baissé, alors qu’en réalité il est stable. Cela pénalise le produit, notamment en cas de marché stable ou baissier, car cela réduit les chances de remboursement anticipé et augmente le risque de perte en capital.
Le décrément peut toutefois se justifier dans certains produits qui offrent en échange des rendements élevés (généralement supérieurs à 10 % par an). Mais dans ce cas précis, le rendement proposé reste modeste, ce qui rend l’utilisation du décrément peu avantageuse pour l’investisseur.
Un autre inconvénient important est la complexité du sous-jacent. Comme on l’a déjà expliqué, il fonctionne avec un mécanisme difficile à comprendre pour quelqu’un qui n’est pas habitué à la finance : le decrement. En plus de cela, l’indice utilisé est peu connu, et les entreprises qui le composent le sont aussi. Cela rend l’investissement plus difficile, car il n’est pas évident pour un investisseur de placer son argent dans quelque chose qu’il ne connaît pas ou ne comprend pas bien.
L’avis d’Aggrega
C’est un produit qui présente de nombreux inconvénients. Nous ne sommes pas très enthousiastes à son sujet. La fréquence de constatation est trop faible, ce qui limite les chances de remboursement anticipé. Le décrément est mal utilisé, alors que le rendement proposé reste peu attractif. Le sous-jacent est complexe, ce qui rend la compréhension du fonctionnement global difficile pour un client non averti.
Ce produit cumule plusieurs sources de risque, avec un rendement brut qui n’est pas suffisamment élevé pour les compenser. Il faut aussi tenir compte des frais, souvent importants qui viennent encore réduire la performance nette.


